Les jeunes ne peuvent pas espérer travailler en entreprise et y avoir les mêmes avantages qu’un syndicaliste en son syndicat ou qu’un fonctionnaire en son Etat. Pour ces derniers, et qu’on se réfère á l’article ci-après, la partie qui se joue n’est pas celle du CPE mais une partie de l’éternel ping-pong politique qui se joue de gauche á droite, oú l’intérêt des chômeurs, des étudiants et de leur futur n’existe plus depuis longtemps. Quant aux leaders étudiants, parions qu’on les retrouvera dans les mêmes couloirs que traversait Olivier Spitakis.
Le monde de l’entreprise ne doit pas laisser rêver au point d’en être naïf. Mais il est le seul qui, quel qu’en soient les règles, remplit et remplira la plupart des assiettes. CPE ou pas, si une entreprise décide de se séparer d’un employé, elle y parviendra. Qu’on ne s’y trompe pas, le CPE n’est que l’élément d’une équation politicienne qui ignore ce pourquoi la politique devrait être : la meilleure gestion possible les intérêts politiques, économiques et sociaux de la communauté qu’elle organise.
Des journalistes et d’autres ont très bien écrit que le système français est á repenser, que les manifestants défilent avec les responsables de leur problème (syndicats, fonctionnaires et consort), etc. Peut-être qu’il faut craindre davantage qu’un contrat. Peut-être qu’il faut craindre que les trusts se reconstituent comme les éditions Dupuis en ont fait les frais (visitez le Blog de Maester pour plus d’info). Peut-être faut-il craindre qu’une autre révolution ne serait pas suffisante.
Manifs anti CPE ; extrait de l'éditorial de Jean-Claude Péclet paru dans le quotidien Suisse Le Temps le mardi 28 mars 2006 : "Il y a quelque chose de fascinant à voir les syndicalistes et fonctionnaires français afficher devant les caméras complaisantes leur 'solidarité' avec les jeunes manifestants pour dénoncer le contrat première embauche. C'est comme si un couple de retraités occupant un appartement de 180 m2 au loyer bloqué depuis dix ans descendait dans la rue avec les familles nombreuses qui ne trouvent pas à se loger.
La gauche conservatrice française se sert des étudiants comme d'un bouclier pour défendre ses propres intérêts. C'est honteux. Ceux qui ont la chance de se trouver à l'intérieur du système social bénéficient d'une protection de leur niveau de vie. Le revers de cette protection, c'est la rigidité excluant du système ceux-là mêmes qui devraient assurer son avenir, notamment les jeunes en recherche d'emploi."
