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Texte libre

Nous vous invitons à écrire à l’adresse suivante lesenfantsdelanuit@yahoo.co.uk.

Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /Mars /2006 22:23

Les jeunes ne peuvent pas espérer travailler en entreprise et y avoir les mêmes avantages qu’un syndicaliste en son syndicat ou qu’un fonctionnaire en son Etat. Pour ces derniers, et qu’on se réfère á l’article ci-après, la partie qui se joue n’est pas celle du CPE mais une partie de l’éternel ping-pong politique qui se joue de gauche á droite, oú l’intérêt des chômeurs, des étudiants et de leur futur n’existe plus depuis longtemps. Quant aux leaders étudiants, parions qu’on les retrouvera dans les mêmes couloirs que traversait Olivier Spitakis.

Le monde de l’entreprise ne doit pas laisser rêver au point d’en être naïf. Mais il est le seul qui, quel qu’en soient les règles, remplit et remplira la plupart des assiettes. CPE ou pas, si une entreprise décide de se séparer d’un employé, elle y parviendra. Qu’on ne s’y trompe pas, le CPE n’est que l’élément d’une équation politicienne qui ignore ce pourquoi la politique devrait être : la meilleure gestion possible les intérêts politiques, économiques et sociaux de la communauté qu’elle organise.

Des journalistes et d’autres ont très bien écrit que le système français est á repenser, que les manifestants défilent avec les responsables de leur problème (syndicats, fonctionnaires et consort), etc. Peut-être qu’il faut craindre davantage qu’un contrat. Peut-être qu’il faut craindre que les trusts se reconstituent comme les éditions Dupuis en ont fait les frais (visitez le Blog de Maester pour plus d’info). Peut-être faut-il craindre qu’une autre révolution ne serait pas suffisante.

 

 

Manifs anti CPE ; extrait de l'éditorial  de Jean-Claude Péclet paru dans le quotidien Suisse Le Temps le mardi 28 mars 2006 : "Il y a quelque chose de fascinant à voir les syndicalistes et fonctionnaires français afficher devant les caméras complaisantes leur 'solidarité' avec les jeunes manifestants pour dénoncer le contrat première embauche. C'est comme si un couple de retraités occupant un appartement de 180 m2 au loyer bloqué depuis dix ans descendait dans la rue avec les familles nombreuses qui ne trouvent pas à se loger.
La gauche conservatrice française se sert des étudiants comme d'un bouclier pour défendre ses propres intérêts. C'est honteux. Ceux qui ont la chance de se trouver à l'intérieur du système social bénéficient d'une protection de leur niveau de vie. Le revers de cette protection, c'est la rigidité excluant du système ceux-là mêmes qui devraient assurer son avenir, notamment les jeunes en recherche d'emploi."

 

 

Par Jerome - Publié dans : lesenfantsdelanuit
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Samedi 11 mars 2006 6 11 /03 /Mars /2006 16:41

Un monde parfait, qui n’en rêve pas ? Un monde parfait est un monde où le Beau bénit chaque chose et parraine chaque individu. Un monde parfait abrite l’espoir et promet à chacun un avenir épanouissant. On s’y prépare peu à peu.

Rappelez-vous l’étude d’outre-atlantique[1] qui démontrait par empirisme que les enfants beaux sont mieux traités que les autres. Souvenez-vous également du rapport de l’INSERM[2] qui propose de repérer les troubles latents de violence qui prédisposeraient les enfants en bas-âge à la délinquance. Petit à petit, nous construisons le règne de la perfection. La biométrie s’implante par-ci par-là, et le meilleur des mondes se développe sans vague, du moins sans que les secousses de la révolte ne viennent en troubler la marche.

Un monde parfait, c’est également l’assurance de trouver de tout un peu et pour chacun, d’où le rejet des candidats à peau blanche des emplois de police en Angleterre.

L’élégance romantique du premier ministre français ajoute un cachet poétique à ce monde parfait ; rappelons qu’après la dissolution de l’assemblée (qui ouvrit la porte à deux ans de cohabitation et donc de cacophonie politique), qu’après n’avoir jamais été élu mais après s’être longuement moqué des députés (le système parlementaire d’élection au suffrage universel est le cœur de notre démocratie et rappelons qu’il s’est développé sur les exécutions de la Révolution, de la Terreur et sur des ruines d’Empire), qu’après sa façon de traiter le dossier du CPE au mépris des négociations qui servent à affiner par le dialogue les contours de propositions nées de têtes d’œuf d’énarque, notre futur possible président mérite sans doute les suffrages que lui promettent les sondages.

Après tout, à quoi bon s’appesantir sur les chômeurs, sur la précarité des rmistes? Tançons par le lobe ces maladroits : pour vivre heureux et plus tranquille, ils auraient dû faire le choix de la Banque, la HSBC, par exemple, a annoncé un profit de 20 milliards d’Euros. Le système anglo-saxon a placé en son centre les services financiers. Les écarts se creusent. Tant pis pour ceux qui seront du mauvais côté.

Ces faits pèle-mêle ne reflètent que le monde tel qu’on veut nous le faire vivre, mais le plus regrettable, c’est que trop peu de mains se lève pour s’en affranchir.


[1] « Un bel enfant est mieux protégé par ses parents, affirment des sociologues », LE MONDE, 14.05.05

 

 

[2] INSERM Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale

http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/

Appel en réponse à l'expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l'enfant

Et pour ceux dont les mains tremblent, nous vous proposons le texte suivant de Max Stirner tiré de "l'unique et sa propriétée" 1843 :

Révolte et révolution, ces mots ne doivent pas être pris pour des synonymes. La première consiste en un bouleversement de l'état de choses existant, du statut de l'Etat ou de la société, elle est donc un actes politique ou social. La seconde, tout en entraînant inévitablement une transformation de l'ordre établi, ne prend pas son point de départ dans cette transformation. Elle part du fait que les hommes sont mécontents d'eux-mêmes. Elle n'est pas une levée de boucliers, mais un soulèvement des individus, une rébellion qui ne se soucie point des institutions qu'elle est susceptible de produire. La révolution, elle, a comme objectif de nouvelles institutions. La révolte nous conduit à ne plus nous laisser gérer, mais à nous gérer nous-mêmes. La révolte n'attend pas des merveilles des "institutions " à venir. Elle est un combat contre ce qui existe. Réussit-elle, ce qui existe s'écroule de soi-même. Elle ne fait que libérer mon moi de l'état existant. Lequel, dès l'instant ou j'en ai pris congé, se meurt et tombe en putréfaction. Or, puisque mon objectif n'est pas de renverser ce qui existe, mais de m'élever au-dessus de ce qui existe, mes actes n'ont rien de politique ou de social, ils n'ont d'objet que moi-même et mon individualité, ils sont "égoïstes". Les institutions sont une exigence de la révolution. La révolte veut qu'on se soulève ou qu'on s'élève. Le choix d'une constitution, telle était la préoccupation des chefs révolutionnaires; toute l'histoire politique de la révolution bouillonnait de luttes et de questions constitutionnelles, de même que le talent des réformateurs sociaux s'est montré extrêmement fertile en institutions sociales (phalanstères et autres). Le révolté, lui, s'efforce de s'affranchir de toute constitution.

 

 

Par Jerome - Publié dans : lesenfantsdelanuit
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Dimanche 19 février 2006 7 19 /02 /Fév /2006 12:44

Outreau a levé un rideau sur la honte de nos institutions ; les juges et leurs semblables font corps contre un procès de leur pairs, mais qui d’ailleurs aurait l’impartialité requise pour juger ces magistrats ? Sans doute pas ceux qui nous gouvernent, qui abritent des pommes pourries comme le Ministre des Finances, lequel a démontré ses aptitudes dans l’affaire Rhodia. Mais nous restons devant nos écrans, petits spectateurs sans pouvoir, mais que pouvons-nous faire ? Une révolution ? Avec qui ? Comment ? Et surtout, pour mettre quelles autres institutions en place ? On ne peut espérer que du chaos naîtra l’harmonie.

 

 

Mais á trop plier le buste, on se laisse piétiner. C’est pourquoi nous vous invitons á encourager, supporter et relayer le collectif George Orwell http://1984.over-blog.com/ , il faut se battre contre le télé-eugénisme qui dévore notre humanité. Renoncer, ce serait pire que tout, ce serait trahir l’espoir, et il n’existe pas de crime plus terrible.

Par Jerome - Publié dans : lesenfantsdelanuit
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Dimanche 12 février 2006 7 12 /02 /Fév /2006 14:38

En 2005, Yahoo dénonçait un journaliste chinois de Hangzhou, Shi tao, 37 ans. En avril, il a été condamné à dix ans de prison pour avoir diffusé par e-mail une consigne interne demandant aux médias chinois de ne pas mentionner le 15° anniversaire des événements de Tiananmen. Il a été accusé de « révéler des secrets d’Etat ». L’arrestation a été rendu possible grâce à l’aide du bureau chinois de Yahoo qui a donné des éléments d’identification à la police.

 

Google a pris la même voie de collaboration.

 

Yahoo a récidivé il y a peu.

 

Des gens finissent en prison parce que nous n’avons que le courage de dire les droits de l’Homme et la liberté, l’égalité et la fraternité, mais jamais nous n’avons le courage de les faire. Il faut la mort en masse d’hommes et de femmes pour que les situations soient jugées sérieuses et dignes d’actions : une guerre mondiale, un génocide.

 

Les idées qui brillent au fronton de nos mairies ne valent plus que peau de balle. Pour ceux qui l’ignorent, Liberté Egalité Fraternité d’accompagnaient de Ou La Mort (il en reste au moins une preuve sur la façade de la mairie de Troyes), ce qui rappelle le temps où les hommes chérissaient ce qui les avaient sorti de la servitude et le prix qu’il avait fallu payer. Oh !, bien sûr, à l’instar de Brassens nous dirons "Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente", et ça n’est que penser juste que de vouloir éviter de s’étriper. Laissez-nous toutefois vous rappeler ce qu’un pasteur protestant allemand, Martin Niemoller, écrivit après que la peste brune ait incendié l’Europe, massacré des Juifs, des Tziganes, des Homosexuels et trop de Partisans :

 

Ils sont venus pour les communistes et je ne m’y suis pas opposé car je n’étais pas un communiste,

Ils sont venus pour les socialistes et je ne m’y suis pas opposé car je n’étais pas un socialiste,

Ils sont venus pour les Juifs et je ne m’y suis pas opposé car je n’étais pas un Juif,

Ils sont venus pour moi mais il n’y avait plus personne pour s’y opposer.

 

Qui s’opposera aux sociétés, qui, comme nous l’avons déjà écrit, reproduisent les heures de honte que nous croyons rangées dans l’Histoire ? L’environnement malade a créé des comportements responsables, la venue au pouvoir du Hamas pourrait détourner les investissements des caisses de l’organisation terroriste. Peut-être que tout investissement devrait être éthique, c’est une question que nous savons déjà débattue et longue, mais quel est celui ou celle, celles ou ceux de nos gouvernants qui a l’étoffe d’une telle tâche ?

Par Jerome - Publié dans : lesenfantsdelanuit
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Mardi 7 février 2006 2 07 /02 /Fév /2006 12:44

Juillet 1995, Srebrenica; 1994, Rwanda; janvier 2003 Libye…

 

 

Nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir un texte de Romain Gary.

 

 

“LE VIOL PERMANENT D’UN GRAND RÊVE HUMAIN.”

 

Dans un livre d’entretiens avec François Bondy, Romain Gary exprime une position personnelle loin de toute contrainte diplomatique.

 

 

 

            L’ONU a été dévorée par le cancer nationaliste. Le nationalisme, surtout quand il est jeune, frais et pimpant, c’est d’abord le droit de disposer sans appel d’un peuple –par tyrannie intérieure- au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est le droit de couper les mains ou le clitoris des filles, de lapider les femmes adultères, de fusiller, de torturer, au nom du droit du peuple à disposer de lui-même. Tu peux faire tuer un million d’hommes à l’intérieur des frontières de ton pays et siéger aux Nations unies à la Commission des Droits de l’homme, monter à la tribune de l’Assemblée générale et prononcer un discours sur la liberté, l’égalité et la fraternité et te faire acclamer, parce que les affaires intérieures d’un Etat, c’est sacré.

 

            “Nations unies”, ces mots-là, ces mots en eux-mêmes, sont un défi au langage, un détournement, un viol du langage. Les Nations unies, c’est un endroit où le comité directeur, en quelque sorte, c’est-à-dire le Conseil de sécurité, peut enterrer n’importe quel cadavre, n’importe quelle extermination, n’importe quel esclavage, par l’exercice du veto d’une des grandes puissances. (…) J’ai vu à la tribune des Nations unies quelques-uns des plus atroces et plus sanglants fournisseurs des charniers de l’Histoire de l’humanité, comme Vychinski le procureur de tous les grands procès staliniens, qui a expédié au peloton d’exécution les plus illustres, les plus honnêtes et les plus léninistes pères et auteurs de la révolution bolchevique de 1917. Je dirais même que le moment le plus authentique des Nations unies, un moment indiscutable de vérité, c’était lorsque Vychinski montait à la tribune pour évoquer les libertés des peuples, les droits de l’homme, et pour dénoncer le colonialisme français alors qu’au moment même où il parlait, son maître Staline achevait la déportation des Tatars ou faisait le compte des exterminations de populations entières, dont tu trouveras un vague bilan dans L’Archipel du Goulag, de Soljenitsyne.

 

            (…) Regarde ce qui vient de se passer au Moyen-Orient. Les Arabes et les Israéliens se sont sauté à la gorge, mais les Nations unies ne bougent pas, on laisse faire d’un commun accord de tous les machos, y compris les machos israéliens et les machos arabes, pour qu’il y ait là-bas les prises de terrain et de positions stratégiques et le nombre de cadavres qu’il faut pour “dégeler” la situation. Après quoi seulement, après ce bain de sang –je n’ai jamais vu une photo de Kissinger sans le sourire- les Américains et les Soviétiques interviennent, selon un accord fixé d’avance, pour obtenir un cessez-le-feu qui ménage leurs intérêts respectifs. Il y a quatre ou cinq ans, j’ai écrit à l’ambassadeur d’Israël à Paris, Eytan, une lettre où je lui annonçais comment cela allait se passer, connaissant les Nations unies et leurs maîtres, les Etats-Unis et l’URSS et ça s’est passé exactement comme ça…Et le Burundi, l’horreur du Burundi ? Une population de deux millions et demi, une minorité au pouvoir, qui a fait exterminer en septembre 1973, un demi-million d’hommes, femmes et enfants…Et les Nations unies ? Rien. Le secrétaire général Waldheim n’a pas hurlé, n’a pas jeté sa démission dans la balance…Il y avait des charniers le long de toutes les routes…Comme ils ont détruits toute leur faune animale, là-bas, et qu’il n’y a plus rien à chasser, le chef de l’Etat fait là-bas la chasse à l’homme en hélicoptère…fourni par la France…l’assistance technique, quoi.

            Et on juge mon langage trop fort…Ah mon vieux, mon vieux…J’ai souffert dans mon espoir et dans mon amitié pour les peuples pendant les trois années que j’ai passées aux Nations unies d’une manière que je n’aurais pas cru possible. Les Nations unies, c’est un endroit où on laisse faire le coup du Guatemala, de Saint-Domingue, du Vietnam, de la baie des Cochons, de Budapest, de Prague, et tous les autres coups, en continuant à parler de fraternité, de liberté, des droits sacrés des peuples à disposer d’eux-mêmes…

 

F.B.: En somme, l’ONU, c’est une entreprise de virtuosité ?

 

R.G.: Alors disons que l’homme est une tentation impossible et tirons l’échelle…

 

 

 

Romain Gary, La nuit sera calme, Gallimard, 1974.

 

 

Par Jerome - Publié dans : lesenfantsdelanuit
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